Tic Tac Rousseau
opéra pour marionnettes
Tic Tac Rousseau fut l’occasion, en 2011 et 2012, d’une merveilleuse collaboration avec Jean-Marie Curti, créateur de l’Opéra Studio de Genève, et avec son équipe. Le texte, totalement versifié, reprend certains éléments du premier livre des Confessions et d’Émile, ou de l’éducation. La création a eu lieu au Théâtre de la Cité Bleue, à Genève, en novembre 2012, à l’occasion du tricentenaire de la naissance du Citoyen de Genève, avec la distribution suivante :
Sarah GOS, soprano : Jean-Jacques enfant.
Francesco BIAMONTE, basse : Isaac Rousseau, Minutoli.
Frédéric CAUSSY, ténor : François Rousseau, Abraham Bernard.
Kerry KUPLIC, baryton : Jean-Jacques Lambercier, Abel Ducommun.
Sylvie ALTHAPARRO, mezzo-soprano : Suzanne Rousseau, La Tribu.
Stéphanie VARNERIN, soprano : Mlle Lambercier, Mlle Goton.
L’orchestre de l’Opéra-Studio de Genève, dirigé par Jean-Marie Curti, comprenait cinq musiciens à vue sur le plateau :
Nicolas CURTI : multi percussion et musique verte (coques diverses, feuillages, fruits secs, lithophone, carillon, tam-tam, etc.)
Mathieu VARNERIN : guitare acoustique
Catherine PLATTNER : violon
Nelly FLUCKIGER : basson
Bertrand BLONDET : flute à bec
La mise en scène et la scénographie étaient assurées par Gilbert EPRON, la création lumières par Jean GRISON, les costumes par Françoise BOITARD. Annabelle TRINITE était quant à elle chef de chant et Chantal SOUCHARD responsable de la régie plateau. Mireille BAILLIF, Jean-Michel SCHAEFER et Marianne GRANIER ont garanti la bonne marche administrative et financière de l’ensemble.
L’ensemble de la partition ainsi que quelques documents annexes sont téléchargeables sur le site Curti-curiosités de Jean-Marie Curti : https://curti-curiosites.ch/tic-tac-rousseau/
Les scènes retenues pour ce petit opéra le sont en majorité du premier livre des Confessions (comptine de tante Suzon, défense du frère de Rousseau, lecture avec son père, épisode de Goton tic tac Rousseau, aqueduc de Bossey, présence de La Tribu) mais pas exclusivement : c’est ainsi que le défilé du régiment de Saint-Gervais est emprunté tout à la fois à une note finale de la Lettre à d’Alembert sur les spectacles et aux Rêveries du promeneur solitaire, tandis qu’aller chercher la Bible la nuit vient du deuxième livre d’Émile. Il ne s’est jamais agi de faire un canevas dramatique à partir du seul premier livre des Confessions mais de réunir tout ce que Rousseau disait de son enfance pour en extraire les éléments les plus significatifs et les plus susceptibles d’une transposition scénique.
Un lecteur sourcilleux pourrait certes élever trois objections.
La première est que certains des passages les plus connus du premier livre des Confessions ne s’y trouvent pas : où donc est passée la fessée de Mlle Lambercier ? qu’a t-on fait du jardin des Hespérides ? Je reconnais que ces deux épisodes, pour ne citer que ceux-là, m’ont précisément paru trop « attendus » pour être exploités à bon escient même si, s’agissant de la fessée, nous aurions pu bénéficier des cadences rythmiques de la main de Mlle Lambercier sur le popotin de Jean-Jacques. Enfin, passons.
Deuxième objection : d’autres éléments sont purement inventés, comme par exemple le coup d’horloge donné à Abel Ducommun. Mais c’est là une objection bien faible. D’abord parce que les passages en question sont tellement visibles qu’on en rit de bon coeur et qu’ils favorisent même une complicité supplémentaire avec un public averti. Ensuite parce qu’ils donnent à l’ensemble une petite touche fantastique qui ne me déplaît personnellement pas. Enfin et surtout parce qu’ils lient le fil rouge formel (c’est-à-dire la question du rythme, qui est déjà présente dès le titre, et qui doit faire d’emblée comprendre que l’atmosphère de cet opéra sera toute de joie et d’optimisme) au fond même des textes de Rousseau qui ont aidé à la « garniture » du livret.
La troisième objection est peut-être la plus ennuyeuse. Il n’y a pas véritablement de progression dramatique. On ne va pas d’un point A à un point B, autrement que par le déroulé approximatif du récit du premier livre des Confessions et la croissance de Jean-Jacques. C’est donc par des effets de retours ou d’échos répétés qu’on pourra justifier cette absence d’intrigue véritable. La plupart des librettistes s’en sortent par l’adjonction d’un narrateur ou l’interruption de la musique : les monologues de Jean-Jacques auraient ainsi pu aider à justifier, si nous avions choisi ce parti, tel ou tel passage abrupt d’une situation ou d’un lieu à un autre. Mais je crois vraiment que le jeu consiste justement à faire percevoir une autre ligne que celle du simple déroulement d’une action linéaire. Et en ce sens nous avons eu bien raison, me semble-t-il, de prendre le parti d’un opéra toujours chanté, et de l’absence de narrateur.
Cette collaboration avec Jean-Marie Curti et avec les chanteurs et musiciens qui ont aidé à la création de ce spectacle fut, en tout cas, le plus beau moment de ma vie genevoise. Je leur en suis, à toutes et tous, profondément reconnaissant.
Galerie






Sarah GOS (Jean-Jacques enfant).
Catherine DELETRAZ et Anne-Claude PRELAZ-GIROD, interprètes en langue des signes.
Sarah GOS (Jean-Jacques enfant).
Scène finale : apparition de Mme de Warens.
L’équipe de Tic Tac Rousseau. À l’extrême gauche, accroupis : Jean-Marie CURTI et Gilbert EPRON.
Kerry KUPLIC (Jean-Jacques Lambercier) et Sarah GOS (Jean-Jacques enfant).
