Sont livrées sur cette page les principales étapes d’un parcours qui mène du Havre à Lyon, en passant par Pékin, Saint-Pétersbourg, Moscou, Besançon et Genève.
1985-1989
Du Havre à Pékin : les premières armes
Quel peut bien être le rapport d’une ville comme le Havre et de l’Empire du Milieu ? Rien d’autre, a priori, que le fait d’avoir accueilli un jeune enseignant débutant : celui-ci, nommé certifié stagiaire en 1985 au lycée de Montivilliers (Seine-Maritime) s’est en effet trouvé, après un passage dans le Pas-de-Calais, et par la grâce du service national de la coopération, propulsé à l’université des Langues étrangères de Pékin, au titre de lecteur.

1989-1994
Kharkov, Saint-Pétersbourg, Moscou : la Russie au sens large
Lecteur à l’Université Gorki de Kharkov (ex-URSS, maintenant en République d’Ukraine) de 1989 à 1991, conseiller pédagogique au consulat de France de Saint-Pétersbourg (1991-1992) et enfin professeur de lettres au lycée français de Moscou (1992-1994), ce sont cinq années de vie « russe », au sens large du terme, qu’il me fut donné de vivre. Expérience fascinante, bien sûr, avec au menu la création en droit local d’un comité d’Alliance française (Kharkov) devenu entre-temps centre culturel français et une activité théâtrale intense : tournée russe, en accord avec l’auteur, d’une troupe destinée à faire connaître le théâtre d’Eugène Ionesco, mise en scène de la première présentation russe de Pelleas et Melisande de Maurice Maeterlinck à l’occasion du centenaire de la création de la pièce, en mai 1993, etc.
C’est durant cette période que j’ai soutenu une thèse intitulée « L’amour dans La Nouvelle Héloïse de Jean-Jacques Rousseau », sous la direction de Robert Mauzi, et ai été reçu à l’agrégation de lettres modernes.

1995-2002
Besançon : enseigner les Lumières
Élu maître de conférences à l’Université de Franche-Comté en juin 1995, il m’a été donné d’alterner activités d’enseignement et de recherche dans une ville et une région particulièrement marquées de l’esprit des Lumières. Signalons, au titre des réalisations de cette période, la constitution de l’équipe de recherche « Poétique des genres et spiritualité » et le développement d’activités scientifiques en rapport au dix-huitième siècle, comprenant notamment la création de la revue annuelle Orages : littérature et culture 1760-1830 et l’organisation de plusieurs colloques parmi lesquels « Tragédies tardives » (en collaboration avec Pierre Frantz, 17 et 18 décembre 1998), « Mémorialistes de l’exil » (en collaboration avec Henri Rossi, février 2002) et « Rousseau à Besançon » (14 et 15 mars 2002).

2002 – 2016
Genève : entre Voltaire et Rousseau
Un spécialiste du dix-huitième siècle ne pouvait qu’être heureux de s’implanter, au début du vingt-et-unième siècle, en terre genevoise. D’abord parce que s’y trouve la maison que Voltaire a habitée cinq ans durant, qu’il a baptisée « les Délices ». Ensuite et surtout parce que nous avons fêté, voici un peu plus de dix ans, le tricentenaire de la naissance de Jean-Jacques Rousseau.
C’est donc entre ces deux figures des Lumières que s’est tout naturellement agencé mon parcours « genevois ».
J’ai exercé quatorze ans durant les fonctions de conservateur de l’Institut et Musée Voltaire de Genève qui nécessitent des compétences sur le plan de la gestion et, bien entendu, des compétences proprement scientifiques qui se sont exprimées par un programme de publications (création d’une collection d’ouvrages critiques, les Mémoires et documents sur Voltaire, et d’une gazette électronique sur le dix-huitième siècle, La Gazette des Délices, avec 50 numéros parus.)
La médiation culturelle est évidemment essentielle à toute politique muséale. Ce sont dès lors une vingtaine d’expositions temporaires qui ont vu le jour entre 2002 et 2016 à l’Institut et Musée Voltaire et à la Bibliothèque de Genève. Signalons, entre autres, « Voltaire et la Chine » (6 mai – 4 octobre 2003), « Voltaire à l’opéra » (5 mai – 8 octobre 2004), « Tremblez, terriens ! Voltaire et le tremblement de terre de Lisbonne » (11 mai – 4 novembre 2005), « L’Égypte des Lumières » (28 mars – 29 septembre 2007), « Confessions genevoises : de Jean-Jacques Rousseau à Georges Haldas » (1er décembre 2007 – 29 février 2008), « La Russie dans l’Europe » (16 avril – 9 octobre 2010), « Nota Bene : de la musique avec Rousseau » (16 octobre 2012 – 29 juin 2013), etc.
En octobre 2005 a été agencée la structure de projet visant à préparer à Genève le tricentenaire de la naissance de Jean-Jacques Rousseau. L’opération, rapidement baptisée 2012 Rousseau pour tous, avait deux objectifs : permettre à l’ensemble de la population du bassin lémanique de prendre part aux festivités sans renoncer aux exigences scientifiques qui sont la base nécessaire de ce type d’événements ; et faire de Genève le cœur naturel de l’ensemble des commémorations à venir.
Nommé co-chef de projet de l’organisation du tricentenaire, j’ai eu la chance de pouvoir, avec l’équipe de 2012 Rousseau pour tous, mener cette aventure à terme. Un site ad hoc fut immédiatement créé, des commissions constituées, des partenariats engagés. Un jury international a départagé les 131 propositions reçues à la suite d’un appel à projets, et la plupart d’entre elles ont été réalisées. Un budget de près de trois millions de francs suisses a été voté par le Conseil municipal de la Ville de Genève, sans compter un million supplémentaire pour la rénovation de l’île Rousseau.

2016 – 2020
Retour à Besançon
Les quatre années passées à Besançon après mon retour de Genève m’auront permis de m’investir dans les travaux de l’équipe ELLIADD et de développer plusieurs axes d’étude sur le phénomène de la revie littéraire. Ayant en 2018 soutenu une HDR à l’Université Lumière-Lyon 2, j’ai d’ailleurs pu inscrire, sur ce thème de la revie, un premier doctorant.

Depuis 2020
Au fil du Rhône
Membre de l’équipe MARGE (EA 3712), tous mes travaux sont dirigés vers un seul objectif : favoriser le lien entre recherche et société civile. C’est dans cette optique qu’est né le projet ENVOL (« ENseigner VOLtaire : quand le tourisme devient un acte citoyen ») conçu en partenariat avec la Société Voltaire et le Centre des Monuments Nationaux et agréé par la Région Auvergne Rhône-Alpes dans le cadre du Pack Ambition recherche 2021.
Ce sont huit doctorants qui par ailleurs m’accompagnent à présent, dont cinq sur le dix-huitième siècle :
- Loïc DECHAMBENOIT : « Voltaire à l’école de la IIIe République »
- Audrey GELIN : « Voltaire 2.0 (1978-2028) »
- Benjamin AUBRY : « Licences poétiques dans la première moitié du dix-huitième siècle. Le cas de l’abbé Grécourt »
- Azar SATTARI RAD : « La Perse des Lumières »
- Margaux CAQUANT : « Marie-Joseph Chénier et la scène révolutionnaire »

